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AG : les mères déficitaires conservent le crédit d'impôt étranger
Selon l'avocat général Norkus, une mère déficitaire impute l'impôt étranger dès que les dividendes produisent un impôt national ; l'article 4, paragraphe 1, de la directive 90/435 a un effet direct.
By Taxxa AI OyPublished 5 November 2026
L'avocat général Rimvydas Norkus a proposé le 5 novembre 2026, dans ses conclusions dans l'affaire C-546/25Europa (Beteiligungsgesellschaft contre Finanzamt B) sur renvoi du Bundesfinanzhof, ce qui suit : l'article 4, paragraphe 1, deuxième tiret, de la directive 90/435/CEE s'oppose au refus définitif d'imputer l'impôt grec sur des dividendes grecs perçus par une mère allemande au cours d'années déficitaires, là où ces dividendes ont réduit son report déficitaire et produisent ultérieurement un impôt allemand
Europa ; et la mère peut invoquer la disposition directement devant les juridictions nationales là où une interprétation conforme du droit interne est impossible.
La société allemande SA était l'unique actionnaire de la société allemande C SA jusqu'à leur fusion de 1997 ; C SA détenait 76,8 % de la société grecque AE, et la participation de SA a atteint 93,1 % en 1999. Les deux sociétés allemandes étaient déficitaires, SA de 1993 à 2001 et C SA de 1993 à 1996. Les dividendes grecs, imposés en Grèce, ont été ajoutés au résultat fiscal allemand, resté négatif, et ont ainsi réduit les reports déficitairesEuropa ; l'Allemagne a refusé toute imputation de l'impôt grec, que ce soit au cours des années de perception 1997 à 1999 ou en 2002, première année bénéficiaire de SA
Europa. Le droit allemand n'autorisait l'imputation que l'année du dividende
Europa, et la convention gréco-allemande contre les doubles impositions imputait 30 % des dividendes bruts.
Sur la première question, le plafonnement de l'article 4, paragraphe 1, qui limite l'imputation au montant de l'impôt national correspondant, est un plafond de montant, non un délaiEuropa : il n'exige ni remboursement l'année déficitaire
Europa ni imputation au-delà de l'impôt national correspondant
Europa, la limite que la Cour a confirmée pour la méthode de l'imputation dans FII, Accor et Haribo. Mais là où les dividendes sont en effet imposés plus tard, via le report déficitaire réduit, l'imputation doit pouvoir suivre cet effet différé
Europa, car l'imputation est le corollaire de l'imposition des dividendes. L'avocat général transpose la jurisprudence de l'exonération, Cobelfret, KBC Bank et Brussels Securities, qui regarde l'effet fiscal concret plutôt que les mécanismes formels d'allégement, à la méthode de l'imputation : le principe national de l'annualité ne peut enfermer l'allégement dans une année déficitaire alors que la charge des dividendes s'étale sur plusieurs années
Europa, et l'effet utile interdit de retenir le désavantage sur plusieurs périodes tout en cantonnant l'allégement à une seule où il est nécessairement privé d'effet
Europa.
Sur la deuxième question, une fois la méthode de l'imputation choisie par l'Allemagne, l'obligation est inconditionnelle et suffisamment préciseEuropa, suivant Becker, Marks & Spencer et Cobelfret : les dividendes peuvent être imposés, mais l'impôt de la filiale sur les mêmes bénéfices doit être imputé jusqu'à l'impôt national correspondant
Europa. Le report de l'imputation n'est pas un avantage nouveau et autonome, mais la forme nécessaire que prend l'imputation de l'article 4, paragraphe 1, lorsque l'impôt national correspondant n'apparaît que plus tard
Europa ; la juridiction nationale doit écarter la règle de blocage
Europa. L'effet direct ne fonde ni droit au remboursement d'un excédent d'impôt étranger ni imputation excédant l'impôt national sur les dividendes en cause, ni nécessairement un remboursement l'année déficitaire
Europa.
À la demande de la Cour, les conclusions ne traitent que les deux premières questionsEuropa ; la question de la liberté d'établissement
Europa et celle des dividendes perçus indirectement, via la filiale nationale fusionnée
Europa, restent ouvertes. Les conclusions proposent de répondre aux deux questions par l'affirmative, à chaque fois dans la limite de l'impôt national correspondant produit par les dividendes
Europa.
Base juridique : l'article 4, paragraphe 1, deuxième tiret, de la directive 90/435/CEE.
Une mère allemande déficitaire ayant perçu des dividendes intra-UE devrait imputer l'impôt étranger sur l'impôt national ultérieur né de la réduction du report déficitaire, en invoquant directement l'article 4, paragraphe 1, en cas de refus.